Le message clair est une petite technique verbale et non-violente développée au Québec par une enseignante qui s'appelle Danielle Jasmin. Il s'appuie sur une triple formulation : - l'énoncé des faits qui permet de situer et clarifier le moment du différend - l'expression des émotions et des sentiments qui ont été induits par la situation - une demande de feed-back Un petit exemple pourrait être plus explicite : "Je vais te faire un message clair. Quand tout à l'heure tu m'as fait trois grimaces de suite, ça me met beaucoup en colère et aussi ça me fait un peu de la peine. As-tu compris ?" Pour celui qui souffre, cela peut provoquer du soulagement. Pour le second, cela contribue à lui faire prendre conscience de la portée d'un acte qu'il n'avait certainement pas estimé de cette nature au départ. D. Jasmin donne un exemple de double message clair en famille : "Maman, quand tu me sers une salade dégueulasse, ça me donne le goût de vomir. as-tu compris ?" "Oui, j'ai compris. Mais quand je prends tant de temps pour préparer une salade garnie de différents légumes et que tu la qualifies de dégueulasse, ça me fait de la peine et ça m'enlève le goût de préparer des repas. As-tu compris ?" Je rajoute que ces messages clairs gagnent aussi à être énoncés lorsque le sentiment est agréable "Quand tu me dis que mon dessin est beau, ça m'encourage à en faire d'autres." Pour des enfants, le plus difficile est certainement de disposer d'une palette de mots qui correspondent à des émotions ressenties. Mais avec l'entraînement, ça s'apprend. Je termine en disant que lorsqu'un message clair se termine mal, que celui à qui il est adressé n'écoute pas, se moque ou recommence, c'est une autre mesure éducative qui intervient. En classe, c'est souvent le moment de demander à en parler en conseil. Mais la plupart du temps, le fait de parler ainsi désamorce le conflit. Voici les deux ouvrages que nous utilisons : - JASMIN D., « Le conseil de coopération », Les Editions de la Chenelière, Montréal, 1993. - ROSENBERG Marshall, « La communication non violente », Syros, 1999. Le protocole proposé par la CNV correspond tout à fait au message clair même s'il est un peu plus compliqué pour des enfants.  Document réalisé par Sylvain Connac, un copain, professeur des écoles et docteur en Sciences de l'Education
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